• Une dynamique nomade : pour la mise en place d’une compétence transculturelle « cas des apprenants de la 3 as lettre » lycée Si El-Houasse Biskra

     

    dynamique nomade 

     

    Mais comment peut-on arriver à cette mobilité intellectuelle si nous n’inscrivons pas dans une pratique de profil nomade, un nomadisme d’esprit comme l’appelle Deleuze, qui l’explique en disant : « Il ne faut pas comprendre le nomadisme dans le sens du voyage comme déplacement dans l’espace (…) les grands voyageurs sont ceux qui ne se déplacent pas ». À cet effet, et dans l’objectif d’installer une compétence transculturelle, afin de faciliter l’apprentissage du FLE et de donner du sens aux activités pédagogiques, nous nous interrogeons sur la mise en place d’une compétence transculturelle chez les apprenants de FLE en construisant une dynamique nomade chez eux ?

     

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  • TICE, création et représentation théâtrale : un fusionnement actionnel au service de l’enseignement/apprentissage en classe de FLE, cas des étudiants de master 1, option : littérature.

     

    TICEthéâtrale

     

    A travers ce travail, nous voudrons aborder le fusionnement d’outil, méthode et approche, pour aboutir à une socialisation de l’apprenant. Donc, est-ce qu’on peut fusionner les TICE et le projet théâtral grâce à l’approche co-actionnelle pour parvenir à un meilleur enseignement/ apprentissage ? De cette problématique, on voit surgir des sous questionnements : Comment l’intégration des TICE dans l’approche actionnelle peut-elle collaborer à une amélioration des processus d’enseignement/apprentissage ? L’intégration du théâtre en classe de FLE peut-elle perfectionner et amener à la socialisation de l’apprenant? Est-ce que ces outils de communication (TICE, Théâtre) pourraient-ils devenir des tâches ludiques pour susciter la motivation collective chez l’apprenant ?

     

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  • Construction symbolique et soubassement mythique

    dans le sommeil d’Ève de Mohammed Dib 

     

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    La critique littéraire s'est beaucoup intéressée à la manifestation de la présence des symboles et des mythes, ou plutôt de leurs vestiges et de leurs traces, dans les productions littéraires, pour la plupart des cas, occidentales. Mais rares sont les études, dans ce domaine, qui ont abordé la littérature maghrébine. C'est pour cela que nous nous interrogeons aujourd'hui sur cette présence au sein d'un texte maghrébin. De prime abord, Le Sommeil d'Ève nous semble riche en matière de symbole et de mythe, et cela nous conduit à formuler la problématique de cette recherche : quel message est transmis à travers la symbolique et le recours aux mythes dans ce texte ? Autrement dit, symboles et mythes viennent-ils renforcer la construction du sens explicite de l'œuvre ou lui offrir une autre dimension de lecture ? Cette toile de symboles et de mythes, possède-t-elle un centre que l'on peut considérer comme mythe fondateur du texte ?

      

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  • Les sirènes sont des créatures hybrides, mythiques et folkloriques. Elles sont des chimères, tantôt mi-femmes mi-oiseaux, tantôt mi-femmes mi-poissons, mais dans les deux cas rattachées au milieu aquatique.

    sirène ailéeDans la mythologie grecque, les sirènes étaient des créatures qui symbolisent les âmes des morts, ayant des ailes et un demi corps d'oiseau, elles possédaient une voix et un chant si mélodieux, au point de pouvoir charmer et ensorceler les hommes, afin de les entraîner vers une vaste prairie et les dévorer. Ces chanteuses marines de prophéties étaient les filles d'Achéloos, le dieu-fleuve, et de Melpomène, la muse du chant. Elles gardaient l'entrée du détroit de Messine en Sicile, où elle guettaient les navires. Selon les oracles, si elles laissaient en échapper un, elles devaient se précipiter dans la mer et disparaître à jamais.

    Leur première défaite fut le jour de leur rencontre avec les Argonautes. En quête de la toison d'or, ceux-ci, commandés par Jason et accompagné par Orphée, passèrent devant l'île des sirènes, il résistèrent à leur chant et furent sauvés par les légendaires chant et lyre d'Orphée, fils de Calliope, muse de la poésie héroïque et de l'éloquence. Capable même d'ensorceler Hadès, dieu des Enfers, Orphée séduisit les sirènes, celles-ci, vaincues, disparurent. Quant à Leur seconde défaite, elle se passa contre Ulysse. Ce héros grec, connu par sa ruse, fut mis en garde, par la magicienne Circé, contre les dangers de la route, elle l'avertit à propos des sirènes :

    « Tu arriveras d'abord chez les Sirènes, dont la voix charme tout homme qui vient vers elles. Si quelqu'un les approche sans être averti et les entend, jamais sa femme et ses petits enfants ne se réunissent près de lui et ne fêtent son retour ; le chant harmonieux des Sirènes le captive. Elles résident dans une prairie, et tout alentour le rivage est rempli des ossements de corps qui se décomposent ; sur les os la peau se dessèche. Passe sans t'arrêter ; pétris de la cire douce comme le miel et bouche les oreilles de tes compagnons, pour qu'aucun d'eux ne puisse entendre. Toi-même, écoute, si tu veux ; mais que sur ton vaisseau rapide on te lie les mains et les pieds, debout au pied du mat, que l'on t'y attache par des cordes, afin que tu goutes le plaisir d'entendre la- voix des Sirènes. Et, si tu pries et presses tes gens de te délier, qu'ils te serrent de liens encore plus nombreux[1]. »

    En les apercevant sur un îlot rocheux, Ulysse arriva facilement à les reconnaître, du fait de leurs corps hybrides, complètement bizarres à ses yeux, mi-femmes mi oiseaux. À l'approche du navire, elle se mirent à chanter :

    « Allons, viens ici, Ulysse, tant vante, gloire illustre des Achéens ; arrête ton vaisseau, pour écouter notre voix. Jamais nul encore ne vint par ici sur un vaisseau noir, sans avoir entendu la voix aux doux sons qui sort de nos lèvres ; on s'en va charme et plus savant ; car nous savons tout ce que dans la vaste Troade souffrirent Argiens et Troyens par la volonté des dieux, et nous savons aussi tout ce qui arrive sur la terre nourricière[2]. »

    Ulysse ne pouvait guère résister à la douceur de ces paroles, cependant il a suivi le conseil de Circé, en s'attachant au mât de son navire, en donnant l'ordre de ne point le libérer et en bouchant les oreilles de ses compagnons avec de la cire.

    sirène et ulysse

    Les sirènes, n'ayant pu arrêter le navire d'Ulysse et charmer les marins, se précipitèrent dans la mer et disparurent éternellement, et depuis ce lieu fut appelé de leur nom, Sirénide. Tzvetan Todorov écrit, dans Poétique de la prose :

    « Le chant des sirènes est cette poésie qui doit disparaître pour qu’il y ait vie, et cette réalité qui doit mourir pour que naisse la littérature. Le chant des sirènes doit s’arrêter pour qu’un chant sur les sirènes puisse apparaître. Si Ulysse n’avait pas échappé aux sirènes, s’il avait péri à côté de leur rocher, nous n’aurions pas connu leur chant ; tous ceux qui l’avaient entendu, en étaient morts et ne pouvaient pas le retransmettre. Ulysse, en privant les sirènes de vie, leur a donné, par l’intermédiaire d’Homère, l’immortalité[3]. »

    Et c'est justement cette retransmission et cette immortalité qui ont donné à ces monstres malfaisants de la mer une autre image, un autre corps. Le contact des récits de sirènes avec d'autres cultures, notamment la culture nordique, dont le folklore est si riche en créatures fantastiques et merveilleuses, ainsi que l'avènement de l'ère chrétienne ont fait subir à la sirène quelques mutations : ce qui était « oiseau » en elle est devenu « poisson », elle ne vit plus sur une île, entourée d'eau, mais plutôt sous sa surface, dans un univers où l'homme ne pouvait trouver que la mort.

    « La surface de l’eau est devenue frontière. Le désir de rencontre, venant de l’homme, ne peut qu’être mortel. Si c’est la sirène qui surgit, elle est presque automatiquement déstabilisatrice : car elle est l’autre absolu, venu d’un autre monde, incompatible. Mais surtout la sirène (et ses cousines germaines, les Nymphes, Lorelei et Ondines) est devenue résolument belle. Elle est certes toujours fatale. Mais la beauté fatale est désormais une beauté plastique. Dépossédée de son chant, la sirène est devenue objet de contemplation[4]. »

    De nos jours, la figure de la sirène est présente presque dans toutes les formes artistiques, mais cette créature ne compte plus désormais sur son chant pour dominer la scène, mais plutôt sur sa beauté, son regard et tout ce qui est visible en elle, car aujourd'hui, le son a laissé place à la vision, ce qui était oral est devenu écrit, « le texte et l’œil l’emportent sur la musique et l’oreille[5] ».

    Le 23 octobre 1917, Kafka écrit une nouvelle d'une page. Intitulée Le silence des sirène, elle est une réécriture du passage de l'Odyssée d'Homère dans lequel Ulysse affronte les sirènes. Cependant, Kafka modifie l'action et transforme ce héros grec en homme dangereux, infantile, arrogant et néfaste. Au lieu d'écouter le chant des sirènes, cet Ulysse a préféré se boucher les oreilles avec de la cire pour se préserver.

    « Or, les Sirènes possèdent une arme plus terrible encore que leur chant, et c’est leur silence. Il est peut-être concevable, quoique cela ne soit pas arrivé, que quelqu’un ait pu échapper à leur chant, mais sûrement pas à leur silence […] Et de fait quand Ulysse arriva, les puissantes Sirènes cessèrent de chanter, soit qu’elles crussent que le silence seul pouvait encore venir à bout d’un pareil adversaire, soit que la vue de la félicité peinte sur le visage d’Ulysse (qui ne pensait à rien d’autre qu’à la cire et aux chaînes) leur fit oublier tout leur chant[6]. »

    L'arme des sirènes n'est plus celle que la mythologie grecque  leur a attribué. La réécriture moderne du mythe a fait du silence leur arme absolue, Maurice Blanchot l’a affirmé dans Le Livre à venir : « le chant énigmatique (des sirènes) est (désormais) puissant par son défaut[7] ». Le mythe a donc pris un nouveau chemin, celui de la modernité.

    En littérature, nous pouvons citer une autre manifestation de ce mythe, il s'agit ici de l'œuvre Undine geht (L'Adieu de la sirène) d'Ingeborg Bachmann, publiée en 1961. D'après Marion Dufresne, cette nouvelle, écrite sous forme d’une longue plainte adressée aux hommes, reprend la thématique de l’impossible relation amoureuse entre Hans, représentant du genre humain et Undine ­, allégorie aux visages multiples, projection des désirs secrets de l’homme, symbole d’une existence utopique.

    A suivre ...

     


    [1] HOMÈRE, L'Odyssée, Paris, Garnier Frères, p. 176.

    [2] Ibid. p. 180.

    [3] TODOROV, Tzvetan, Poétique de la prose, Paris, Éditions du Seuil, 1971, p. 71.

    [4] RÉTIF, Françoise, « Cette beauté qui tue. Le beau et le mythe des sirènes », Germanica, N° 37, 2005, pp. 79-87.

    [5] Ibid.

    [6] KAFKA, Franz, Le silence des Sirènes, 1917.

    [7] RÉTIF, Françoise, Op.cit.


  • MYTHE ET CULTURE : 

    Les mythes « sont à la base de nos différentes cultures, qu'ils rattachent à un fond commun universel. Les étudier permet d'entrer en dialogue avec soi-même et avec les autres hommes ».

    superman 01Le mythe a pris cette appellation notionnelle qu'après l'intérêt qui lui ont porté les réflexions philosophiques, puisque, avant cela, il était considéré comme une croyance à part entière. L'homme croit d'abord à l'élémentaire, c'est-à-dire à ce qu'il peut voir, par exemple à l'eau, la terre, le feu, etc. Ensuite, de ce qu'il voit, l'homme croit à ce qu'il ne peut voir, ce qui n'est pas physique, ce qu'il ne peut pas toucher, cela peut être un sentiment, comme l'amitié, ou bien une force plus supérieure qui explique l'existence en elle-même, comme la présence d'une divinité.

    La croyance est une prise de position qui justifie la véracité d'une proposition, elle peut venir d'un certain nombre d'événements qui se produisent dans notre vie et auxquels nous adhérons. La croyance est aussi une opinion, puisque chacun possède le droit de se faire des opinions sur ces mêmes événements et cela permet à la croyance de toujours rester en mouvement. Cette liberté de prise de position, d'adhésion, d'opinion et ce mouvement continu de la croyance la rendent  culturelle. Ainsi, le mythe en tant que croyance est, en quelque sorte, la première brique qui a permis de construire l'édifice de la culture, et quand il change d'un endroit à un autre, la culture le fait également. 

    Selon Melville J. Herskovits, la culture s'apprend, elle permet à l'homme de s'adapter à son milieu naturel et elle varie beaucoup, elle se manifeste dans des institutions, des formes de pensée et des objets matériels. Il propose une des meilleures définitions de la culture, quoique déjà citée par Edward Burnett Tylor, qui la définit comme « un tout complexe qui inclut les connaissances, les croyances, l'art, la morale, les lois, les coutumes et toutes autres dispositions et habitudes acquises par l'homme en tant que membre d'une société ».

    Herskovits définit brièvement ce concept en ajoutant que « la culture est ce qui dans le milieu est dû à l'homme ». Cela sous-entend que la vie de l'homme se poursuit dans un cadre double : l'habitat naturel et le milieu social. Cette définition explique que la culture est plus qu'un phénomène biologique. Elle inclut tous les éléments dans le caractère de l'homme adulte qu'il a consciemment appris de son groupe et sur un plan quelque peu différent, par un processus de conditionnement : techniques, institutions sociales ou autres, croyances, modes de conduite déterminés, etc.

    La culture est universelle en tant qu'acquisition humaine, mais chacune de ses manifestations locales ou régionales peut être considérée comme unique. Vu que l'homme est souvent défini comme un « animal créateur de culture », donc on reconnaît l'universalité de la culture. Elle est un attribut de tous les êtres humains quels que soient les lieux où ils vivent et leurs façons de vivre. La culture est donc stable, mais elle est aussi dynamique et manifeste des changements continus et constants. Les seules cultures entièrement statiques sont celles qui sont mortes.

    La culture est une sorte de « melting pot », puisqu'elle est un ensemble d'influences, d'échanges et d'emprunts culturels, nous recevons beaucoup des autres cultures, par exemple le riz et les pâtes de la Chine, les épices de l’Inde, les tapis de Turquie, le tabac d’Amérique du Sud, le hamburger des Etats-Unis, Hollywood et Bollywood sur nos télévisions, les voitures coréennes, les téléphones portables japonais, les philosophies et modes de vie qui se mélangent, comme l’American way of life avec la culture new age, la pensée spirituelle orientale avec le végétarisme, etc.

    La culture remplit, et dans une large mesure détermine, le cours de nos vies, mais s'impose rarement à notre pensée consciente. La question philosophique qui se pose ici est celle de savoir si la culture est une fonction de la mentalité humaine ou si elle existe en soi et par soi. La réponse à cette question repose sur le fait que la culture, étant « extrahumaine », « super-organique », échappe au contrôle de l'homme et opère dans les limites de ses propres lois. Donc « toute culture dépasse ce qu'un individu peut saisir ou manipuler ».

     

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    Note : Dans les quatre cours de ce module, les références des citations manquent, je les ajouterai prochainement.

     

     






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